Rencontré en marge de leur passage à Paris, Paul Riedl revient sur la genèse de Hidden History of the Human Race et sur l'ambition démesurée qui anime Blood Incantation depuis ses débuts.
Thrashocore : Hidden History est un disque qui prend son temps. Était-ce une contrainte ou une intention dès le départ ?
Paul Riedl : Totalement intentionnel. On voulait que chaque morceau soit un voyage en soi. Le death metal peut être tellement linéaire — tu blasts du début à la fin et c'est réglé. Nous on cherche quelque chose de plus proche de la musique classique ou du prog seventies. La durée est au service de la narration.
TC : Le morceau final dépasse les dix-huit minutes. Comment construit-on quelque chose d'aussi long sans perdre l'auditeur ?
PR : En pensant en sections, presque comme des mouvements. Il y a une introduction, des développements thématiques, des reprises de motifs. On a beaucoup travaillé la dynamique — les moments de silence ou d'ambient sont aussi importants que les passages les plus brutaux. Si tu écoutes attentivement, tu entendras des thèmes du premier morceau revenir à la fin. C'est un disque cyclique.
TC : Votre rapport au cosmos, aux théories alternatives de l'histoire humaine — c'est une posture esthétique ou une vraie fascination ?
PR : Les deux. Je lis beaucoup sur l'archéologie alternative, les civilisations antiques, la cosmologie. Ce n'est pas que je crois aveuglément à tout ça, mais ces idées ouvrent des perspectives narratives fascinantes. Le metal extrême a toujours été un vecteur pour explorer ce que la culture mainstream refuse de prendre au sérieux.