Le Glazart affichait complet ce jeudi soir pour accueillir Blood Incantation dans le cadre de leur tournée Absolute Elsewhere. La salle parisienne, connue pour son acoustique généreuse, s'est révélée être un écrin idéal pour la musique spatiale des Américains.
Mortiferum ouvre les hostilités avec une demi-heure de death/doom écrasant. Le quartet de l'Oregon impose d'emblée une atmosphère pesante, leurs riffs lents et caverneux faisant vibrer le sol en béton. Une mise en bouche parfaite, sombre et sans concession.
Blood Incantation monte sur scène peu avant 22h, accueilli par une salle qui retient son souffle. Le set s'ouvre sur Slave Species of the Gods, dont les premières mesures déclenchent immédiatement les premiers pogos. Paul Riedl dirige la messe avec une sobriété totale — pas de discours, pas de show, juste la musique.
Le point culminant reste une version étendue d'Awakening from the Dream of Existence..., vingt-deux minutes durant lesquelles le groupe fait littéralement disparaître les murs du Glazart. Les nappes de synthé de la partie ambient flottent au-dessus d'une salle médusée avant que les blasts ne reprennent de plus belle.
Blood Incantation est l'un des rares groupes de metal extrême dont la musique gagne encore en puissance sur scène. Un concert référence.